
April 6, 2026
CanadaL’économie du pays a affiché une croissance supérieure aux attentes en janvier, avec un PIB en hausse de 0,1 % et une croissance de 0,2 % en février selon les données préliminaires. Quoique timide, cette amélioration a démontré la résilience de l’économie face aux droits de douane imposés par les États-Unis et au ralentissement généralisé de la croissance mondiale. Malgré une contraction de 0,6 % au quatrième trimestre, le Canada a réussi à enregistrer une croissance globale de 1,7 % de son PIB en 2025. Cependant, la situation de l’emploi s’est récemment assombrie. Les employeurs ont montré leur incertitude face à la politique économique et commerciale des États-Unis en créant essentiellement des emplois à temps partiel et en limitant les augmentations de salaire. L’inflation a été un point positif, demeurant proche de la cible de 2 % de la Banque du Canada (BdC) en début d’année. Et bien que la BdC ait déjà réduit les taux de façon énergique, il existait une spéculation selon laquelle le recul de l’inflation pouvait l’amener à décréter une ou deux autres baisses des taux en 2026. Malheureusement, la guerre avec l’Iran a enterré tous ces paris, car la flambée des prix de l’énergie – en particulier de l’essence, du diesel et du carburéacteur – due aux perturbations massives de l’approvisionnement, dans le contexte de la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran, risque de plus en plus de toucher d’autres domaines essentiels tels que les prix des aliments. Alors que les marchés se sont repliés en raison de la guerre en Iran, la forte pondération de l’indice composé S&P/TSX dans le secteur pétrolier et gazier et dans d’autres marchandises essentielles a soutenu le principal indice boursier du pays.
États-UnisL’économie américaine continue de montrer des signes d’affaiblissement en 2026 : le PIB est positif, mais s’essouffle rapidement, le nombre brut d’embauches a chuté à son niveau le plus bas depuis la pandémie de COVID-19 et le nombre de postes vacants est en forte baisse. La guerre en Iran a jeté encore plus d’incertitude sur les perspectives de la plus grande économie mondiale, qui peine déjà à s’adapter aux politiques tarifaires et économiques du président Trump. La Cour suprême des États-Unis a invalidé les droits de douane instaurés en vertu de la loi Emergency Economic Powers Act (IEEPA), les qualifiant d’illégaux, ce qui oblige le gouvernement à rembourser plus de 160 milliards de dollars américains aux importateurs affectés. Les consommateurs sont demeurés moroses, comme en témoignent les indicateurs de confiance qui n’ont jamais été aussi bas depuis la pandémie. La récente envolée des coûts de l’énergie et des matières a entraîné une hausse notable des prix de l’essence et du diesel à la pompe, tant pour les consommateurs que pour les entreprises, et les prix des aliments ont aussi commencé à augmenter. Ces hausses devraient inciter la Réserve fédérale américaine à maintenir les taux d’intérêt à leur niveau actuel. Certains économistes pensent même que la prochaine action sera un relèvement des taux, ce qui était inimaginable il y a encore quelques semaines, avant le début de la guerre avec l’Iran. L’incertitude causée par la guerre et ses répercussions, entre autres sur les taux d’intérêt, ont fait sombrer les indices boursiers américains dans une dynamique de correction. Avant le conflit, les marchés étaient déjà sous pression, les investisseurs commençant à remettre en question les perspectives des actions de sociétés de technologie et de logiciels à grande capitalisation, compte tenu des dépenses en IA et des implications de cette technologie, mais ils ont montré des signes de volte-face lorsque le président Trump a tenté d’obliger l’Iran à s’asseoir à la table des négociations pour mettre fin à la guerre.
EuropeL’économie de l’Europe commençait à voir la lumière au bout d’un très long tunnel avant que la guerre en Iran ne provoque une flambée des coûts de l’énergie et des matières dans la région. L’économie européenne entrait dans une phase plus positive. L’Allemagne était en tête de la croissance, récoltant les premiers fruits de la récente augmentation de ses dépenses publiques. Depuis des années, les sociétés européennes dépendaient des ventes de biens à l’étranger, mais elles commençaient à tirer une plus grande part de leurs revenus des dépenses en Europe. La croissance économique était d’environ 1 % à la fin de 2025, soit un peu moins que ce qui était espéré. Toutefois, les derniers indicateurs économiques suggéraient que cette faiblesse était plutôt temporaire, et qu’elle ne constituait pas une détérioration de l’économie. Malgré tout, la guerre pourrait bien provoquer une flambée de l’inflation, au détriment de la croissance et de l’emploi. La question est maintenant de savoir si l’impact sera de courte ou de longue durée. Dans l’ensemble, les actions européennes offrent une valeur raisonnable au vu de l’amélioration des perspectives de bénéfices des sociétés. Toutefois, cette perspective repose sur une augmentation des bénéfices au cours des 12 prochains mois, ce qui est de moins en moins certain du fait que la guerre en Iran traîne en longueur.
Marchés émergentsPar le passé, la dépréciation du dollar américain a coïncidé avec de meilleurs rendements sur les marchés émergents. De nombreux pays émergents ayant contracté une lourde dette libellée en dollars, la dépréciation du billet vert assouplit les conditions financières, réduit les pressions inflationnistes et donne aux banques centrales une plus grande marge de manœuvre pour abaisser les taux d’intérêt. Les tensions géopolitiques et les frictions commerciales présentent des risques considérables, surtout si les politiques protectionnistes enrayent la croissance mondiale. L’expansion des échanges commerciaux au sein des marchés émergents constitue toutefois un important changement structurel. En outre, les indices des marchés émergents accordent plus de poids aux marchandises, comme les métaux précieux et le cuivre, qui ont tendance à tirer profit de la faiblesse du dollar. La réorientation de la croissance des bénéfices sur les marchés émergents est l’argument le plus convaincant en faveur de placements dans ces pays. Après plus d’une décennie d’expansion restreinte, les bénéfices des sociétés de ces régions devraient augmenter d’environ 20 % en 2026. Cette progression fera en sorte que les actions des marchés émergents seront le segment boursier majeur qui connaît la croissance la plus rapide pour une deuxième année consécutive, et elle marque une rupture nette avec la faible croissance du cycle précédent. En 2025, les actions des marchés émergents ont dégagé de solides rendements, surpassant nettement leurs homologues des marchés développés et des États-Unis.
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