
July 2, 2026
Autrice : Tasneem Azim-Khan, stratégiste en chef, Placements, RBC PH&N Services-conseils en placements
Date : Le 19 juin 2026
Aperçu : Le Canada a fait des progrès considérables dans la diversification de ses échanges commerciaux à l’extérieur des États-Unis, tandis que l’incertitude entourant la renégociation de l’ACEUM occupe une place prépondérante dans les perspectives à court terme. Il est peu probable que l’accord soit entièrement résilié, mais il sera sans doute marqué par de longues négociations et quelques concessions du Canada et du Mexique en faveur des États-Unis.
Le Canada a fait preuve d’une certaine résilience dans la conjecture commerciale qui a suivi le Jour de la libération. Selon les Services économiques RBC, la part des États-Unis dans le total des exportations canadiennes est passée de plus de 75 % à moins de 70 % à la fin de 2025. L’augmentation de 29 milliards de dollars des exportations canadiennes vers des partenaires commerciaux autres que les États-Unis – principalement attribuable à la hausse des prix de l’or, qui est devenu le deuxième produit d’exportation le plus important pour le Canada derrière le pétrole brut – a largement compensé le recul de 6 % des expéditions vers les États-Unis d’une année sur l’autre. Il en résulte une diversification substantielle, quoique récente, des exportations du Canada.
L’ACEUM a constitué un bouclier critique. L’Accord Canada–États-Unis–Mexique, qui régit des échanges commerciaux annuels d’une valeur d’environ 2 000 milliards de dollars sur le continent, a protégé les exportateurs canadiens des effets de la politique tarifaire agressive de l’administration Trump. À la suite de la décision de la Cour suprême des États-Unis, selon laquelle le président Trump a outrepassé son pouvoir exécutif en invoquant l’International Urgence Economic Powers Act (IEEPA) de 1977 pour imposer des droits de douane considérables, le représentant américain au Commerce a lancé une enquête au titre de l’article 301 portant sur 60 pays. Les droits supplémentaires proposés – 10 % sur une sélection de produits canadiens et 12,5 % à l’encontre de 44 autres partenaires commerciaux – ne s’appliqueraient pas aux biens régis par l’ACEUM, ce qui conforterait le rôle indispensable de l’accord en tant que bouclier commercial. En réponse, le Canada a annoncé des mesures parlementaires visant à renforcer les interdictions à l’égard des importations produites par recours au travail forcé.
Le 1er juillet marque un tournant crucial. Trois aboutissements possibles demeurent à la table des négociations : un renouvellement complet pour une durée de 16 ans, un renouvellement soumis à des révisions annuelles, ou une dissolution complète. Les représentants des trois parties reconnaissent que la date limite du 1er juillet sera probablement dépassée. En l’absence d’une entente formelle, l’ACEUM demeurera en vigueur au moins jusqu’en 2036 sous réserve de révisions annuelles, ce qui est préférable à une cessation, même si l’incertitude persiste. Selon certains rapports, les autorités canadiennes se préparent à des négociations qui pourraient se prolonger jusqu’à la fin du mandat de Donald Trump au début de 2029.
Les positions de négociation sont asymétriques. La demande d’Ottawa est simple : un allègement des droits de douane sectoriels au titre de l’article 232, qui frappent de plein fouet les automobiles, l’acier, l’aluminium et le bois d’œuvre. Les revendications de Washington sont beaucoup plus vastes : des règles plus sévères sur les composants nord-américains dans les automobiles, un resserrement des règles d’origine, et des concessions politiques générales allant des quotas laitiers à la réglementation de la diffusion en streaming.
Le virage du Premier ministre Carney vers une « forteresse nord-américaine » – un cadre stratégique qui positionne le Canada comme un partenaire essentiel grâce à une profonde intégration des chaînes logistiques conjuguée à une harmonisation des politiques économiques et de sécurité – laisse entrevoir une approche plus conciliante et, à notre avis, une avancée stratégique saine en prévision des négociations prochaines. Cette posture doit néanmoins être équilibrée afin de protéger la souveraineté du Canada et les alliances commerciales internationales existantes.
Les perspectives de RBC PH&N Services-conseils en placements à moyen et à long terme demeurent optimistes. Le précédent historique est instructif : l’ALENA a été renégocié avec succès au cours du premier mandat de Donald Trump. Les biens conformes à l’ACEUM continuent de bénéficier d’exemptions de droits de douane. À cet égard, les Services économiques RBC estiment que 95 % des biens américains exportés vers le Canada en 2024 sont entrés dans le pays en franchise de droits en vertu de l’accord. En effet, le Canada représente le premier marché d’exportation pour plus de la moitié des États américains – un levier qui, en fin de compte, limite jusqu’où les États-Unis pourraient négocier sans nuire à leurs propres intérêts. Le représentant américain au Commerce Jamieson Greer a reconnu que des ententes négociées séparément avec le Canada et le Mexique – en complément du cadre trilatéral existant – seraient une solution plausible, dans la mesure où elles préserveraient l’architecture de base de l’accord tout en permettant de répondre aux revendications des États-Unis.
Les investisseurs peuvent s’attendre à la poursuite du bellicisme de la part de Washington et à des épisodes de volatilité du marché. Les grandes lignes de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique 2.0 devraient rester intactes.
Pour obtenir d’autres perspectives sur ce sujet et sur d’autres sujets importants concernant l’économie et les marchés d’aujourd’hui, veuillez consulter la page des perspectives de Tasneem.
Points saillants
● La part des États-Unis dans les exportations canadiennes est passée de plus de 75 % à moins de 70 % à la fin de 2025 (Services économiques RBC)
● Le Canada a enregistré une augmentation de 29 milliards de dollars de ses exportations à l’extérieur des États-Unis, ce qui a largement contrebalancé la baisse de 6 % des exportations vers les États-Unis
● L’or est devenu le deuxième produit d’exportation du Canada derrière le pétrole brut en 2025
● L’ACEUM régit environ 2 000 milliards de dollars d’échanges commerciaux annuellement sur le continent
● La date limite du 1er juillet pour la renégociation de l’ACEUM sera probablement dépassée par les trois parties
● En l’absence d’une entente, l’ACEUM restera en vigueur sous réserve de révisions annuelles au moins jusqu’en 2036
● 95 % des biens américains exportés au Canada en 2024 sont entrés dans le pays en franchise de droits en vertu de l’ACEUM (Services économiques RBC)
● Le Canada constitue le premier marché d’exportation pour plus de la moitié des États américains
● Le virage du Premier ministre Carney vers une « forteresse nord-américaine » laisse entrevoir une posture conciliante dans les négociations
● Le représentant américain au Commerce Jamieson Greer a indiqué que des ententes négociées séparément avec le Canada et le Mexique représentent une solution plausible
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