
July 2, 2026
Autrice : Tasneem Azim-Khan, stratégiste en chef, Placements, RBC PH&N Services-conseils en placements (Avec la contribution de Noha Fazili, analyste de recherche)
Date : Le 19 juin 2026
Aperçu : Le choc inflationniste provoqué par la guerre en Iran a eu pour effet d’éliminer les attentes de baisse des taux à court terme, tant aux États-Unis qu’au Canada. Sous la nouvelle présidence de Kevin Warsh, la Fed durcit le ton et supprime ses indications prospectives, tandis que la Banque du Canada laisse ses taux inchangés face à une tendance de stagflation.
À l’approche de 2026, les prévisions générales laissaient entrevoir des baisses de taux de 50 à 80 points de base de la part de la Réserve fédérale américaine, tandis que la Banque du Canada était susceptible de lui emboîter le pas. Le 28 février, les frappes militaires des États-Unis et d’Israël contre l’Iran ont complètement renversé ces prévisions. Les prix de l’énergie ont bondi de 70 % entre fin février et avril avant de reculer, mais ils demeurent environ 30 % au-dessus des niveaux d’avant le conflit – une poussée inflationniste persistante qui a fondamentalement changé les perspectives de taux pour le reste de l’année.
Les conséquences de la guerre sur les prix sont mesurables, et elles se généralisent. Aux États-Unis, l’indice des prix à la consommation (IPC) de mai a gagné 0,5 % pour le mois et 4,2 % d’une année sur l’autre, soit son plus haut résultat depuis mai 2023 – ce qui s’explique principalement par les coûts de l’énergie, notamment l’essence, le diesel et le carburéacteur. L’inflation de base (excluant les aliments et l’énergie) a atteint un taux annualisé de 2,9 %, bien au-dessus de la cible de 2 % de la Fed. Les effets inflationnistes secondaires s’étendent aux tarifs aériens, aux coûts de transport et aux services. Avant même le conflit, la politique tarifaire chaotique de l’administration Trump suscitait des pressions inflationnistes latentes, et la guerre les a considérablement amplifiées.
Le marché de l’emploi ne donne pas de justifications pour baisser les taux. En mai, les emplois non agricoles ont augmenté d’environ 172 000 et le taux de chômage s’est maintenu à 4,3 % – des résultats satisfaisants, qui ne répondent à aucune des conditions du double mandat de la Fed pour mettre en place un assouplissement. Les perturbations de l’offre provoquées par la fermeture du détroit d’Ormuz continuent de plomber les stocks de pétrole, lesquels ont atteint leur plus bas niveau en plus de 40 ans aux États-Unis. Il faudra des semaines ou des mois pour reconstituer les stocks, ce qui suggère que les pressions inflationnistes pourraient persister à court et à moyen terme.
La réunion de juin de la Fed a marqué un revirement spectaculaire en faveur du resserrement. Le Comité fédéral de l’open market (FOMC) a maintenu les taux dans une fourchette de 3,5 % à 3,75 %. Toutefois, le nouveau président, Kevin Warsh, qui avait publiquement plaidé en faveur d’une baisse des taux avant sa nomination, a adopté un ton très différent à l’occasion de sa première réunion. M. Warsh a insisté sur les risques d’inflation, citant l’inflation à 19 reprises alors qu’il n’a mentionné l’emploi que 4 fois (Services économiques RBC). La médiane du graphique à points indique une hausse potentielle de 25 points de base plus tard en 2026, ce qui serait un renversement de la trajectoire d’assouplissement prise en compte dans les prix au début de l’année.
La refonte structurelle des communications de la Réserve fédérale américaine (Fed) entreprise par M. Welsh est tout aussi lourde de conséquences. Sa déclaration à l’issue de la réunion n’a comporté que 130 mots, contre plus de 300 habituellement sous les anciens dirigeants, et il n’a présenté aucun graphique à points personnel. Les indications prospectives, qui ont longtemps été critiquées par M. Warsh parce qu’elles restreignent la souplesse de la politique monétaire, sont supprimées. Cinq groupes de travail ont été constitués pour réviser les communications, la politique de gestion du bilan, la collecte de données, la productivité et l’emploi, ainsi que les cadres de lutte contre l’inflation. Malgré les mérites de l’allègement des communications de la Fed, le vide qui en résulte pourrait amplifier la volatilité sur les marchés boursiers et obligataires, car les investisseurs n’auront plus que les données en entrée pour interpréter l’orientation de la politique.
Au Canada, la posture est à la prudence. Le taux d’inflation annuel a grimpé pour s’établir juste sous la barre des 3 % en avril (contre 2,4 % en mars), porté par le secteur de l’énergie. Le PIB s’est légèrement contracté pour un deuxième trimestre consécutif, sans toutefois atteindre le seuil d’une récession officielle. La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % à sa réunion de juin, et s’attend à ce que les pressions sur les prix attribuables aux tensions géopolitiques s’atténuent vers la fin de l’année. RBC PH&N s’attend à ce que les deux banques centrales choisissent le statu quo pour le reste de 2026, la Fed s’orientant vers une hausse des taux, et non une baisse, si les pressions inflationnistes persistent.
Pour obtenir d’autres perspectives sur ce sujet et sur d’autres sujets importants concernant l’économie et les marchés d’aujourd’hui, veuillez consulter la page des perspectives de Tasneem.
Points saillants
● À l’entrée de 2026, les prévisions générales tablaient sur des baisses de taux de la Fed de 50-80 points de base (pb), mais les attentes se sont renversées depuis
● Les prix de l’énergie ont bondi de 70 % entre le 28 février et le mois d’avril, avant de se replier, mais ils restent 30 % au-dessus de leurs niveaux d’avant le conflit
● L’IPC aux États-Unis a augmenté de 4,2 % d’une année sur l’autre en mai 2026, au plus haut depuis mai 2023
● L’inflation de base annualisée s’élève à 2,9 %, bien au-dessus de la cible de 2 % de la Fed
● La Fed a maintenu ses taux inchangés à 3,5 %-3,75 % en juin, et la médiane du graphique à points laisse entrevoir une hausse potentielle de 25 pb en 2026
● Lors de sa première conférence de presse, le nouveau président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, a cité 19 fois l’inflation contre 4 mentions de l’emploi (Services économiques RBC)
● La déclaration de M. Warsh à l’issue de la réunion a comporté 130 mots à peine, comparativement aux communications habituelles de 300 mots et plus
● Cinq groupes de travail ont été constitués pour réviser, entre autres, les communications de la Fed, la gestion du bilan et les cadres de lutte contre d’inflation
● La réserve stratégique de pétrole des É.-U. est tombée à son niveau le plus bas en plus de 40 ans
● La Banque du Canada maintient son taux directeur inchangé à 2,25 %, avec un taux d’inflation juste sous la barre des 3 % en avril
Les performances passées ne sont pas indicatives des résultats futurs. Counsellor Quarterly a été préparé à l’usage de RBC Phillips, Hager & North Services-conseils en placements inc. Les renseignements contenus dans le présent article sont fondés sur des données jugées fiables et complètes, mais nous ne pouvons en confirmer ou en garantir l’exactitude ni l’intégralité, et ils ne doivent pas être interprétés comme tel. Les personnes et les publications citées ne représentent pas nécessairement l’opinion de RBC Phillips, Hager & North Services-conseils en placements inc. ou de RBC Gestion mondiale d’actifs Inc.
Les opinions et les estimations contenues dans ce rapport représentent le jugement de RBC PH&N SCP en date du présent rapport, sont sujettes à changement sans préavis et sont fournies de bonne foi, mais sans responsabilité légale.
Les taux d’intérêt, l’évolution du marché et divers autres facteurs touchant les placements sont susceptibles de changer. Le rendement passé ne garantit pas les résultats futurs. Les données fournies sont destinées uniquement à illustrer certains rendements passés et ne visent pas à indiquer des valeurs ou des rendements futurs.
Ni RBC Phillips, Hager & North Services-conseils en placements inc. ou RBC Gestion mondiale d’actifs Inc., ni aucune de leurs sociétés affiliées, ni aucune autre personne n'accepte en aucun cas la responsabilité de toute perte directe ou indirecte découlant de toute utilisation du présent rapport ou des renseignements qui y figurent.
Ce document vise uniquement à renseigner les investisseurs et n’offre pas de conseils fiscaux ni juridiques. En raison de la complexité des questions décrites dans le présent article et de l'incidence éventuelle de votre situation particulière sur les résultats, avant de prendre des mesures donnant suite à un renseignement qui figure dans cet article, vous devriez obtenir des conseils professionnels auprès d'un conseiller fiscal ou juridique compétent. Ainsi, vous serez certain que l’on tiendra compte des particularités de votre situation et que les décisions prises reposeront sur les données les plus récentes.
Il se peut que certains des produits ou services mentionnés ne soient pas offerts par RBC Phillips, Hager & North Services-conseils en placements inc., mais qu'ils le soient par l'entremise de partenaires RBC. Si vous souhaitez rencontrer l'un des partenaires RBC offrant les produits ou services abordés dans le présent article, demandez une recommandation à votre représentant-conseil.
RBC Phillips, Hager & North Services-conseils en placements inc., RBC Gestion mondiale d’actifs Inc., RBC Private Counsel (USA) Inc., la Société Trust Royal du Canada, la Compagnie Trust Royal et la Banque Royale du Canada sont des entités juridiques distinctes et affiliées. RBC Phillips, Hager & North Services-conseils en placements est une marque descriptive utilisée par RBC Phillips, Hager & North Services-conseils en placements Inc. et la division de la clientèle privée de RBC Gestion mondiale d'actifs Inc.
® Marque déposée de la Banque Royale du Canada.MC Marque de commerce de la Banque Royale du Canada. Utilisée sous licence. © RBC Phillips, Hager & North Services-conseils en placements inc., 2026. Tous droits réservés.