
Gestionnaire de portefeuille et conseiller en patrimoine principal
May 31, 2026
Saisir les occasions d’investissement à l’échelle mondiale exige de rester bien informés et de comprendre les facteurs qui influencent l’économie, les marchés et les grandes dynamiques qui transforment notre monde. Notre rôle consiste à accéder à une information de haute qualité, à l’analyser avec recul et discernement, puis à en mesurer les impacts concrets pour les portefeuilles de nos clients. Cette lecture des marchés guide l’évolution de nos mandats de gestion privée, encadre nos décisions de portefeuille et renforce notre gestion des risques.
Le mois de mai se termine avec un espoir d’entente entre l’Iran et les États-Unis, ce qui apaiserait l’inflation provoquée par le conflit et qui se fait ressentir de façon importante partout dans le monde. Au Canada, le pays serait maintenant en récession technique selon Statistique Canada et le Fonds Monétaire International abaisse ces prévisions de croissance mondiale pour 2026.
Le Canada en récession technique
Les chiffres publiés par Statistiques Canada et rendus publiques le 29 mai dernier confirment un ralentissement économique avec deux trimestre d’affilés affichant un repli de l’activité. Le dernier trimestre de 2025 montre une baisse du PIB réel de -1% alors que le recul fut de -0.1% pour le premier trimestre de l’année 2026. Il s’agit tout de même d’un faible ralentissement de l’économie et la hausse des cours du pétrole pourrait faire rebondir quelque peu la croissance au deuxième trimestre selon certains économistes. Le taux de chômage a tout de même augmenté et se trouve maintenant tout près des 7% (6.9% en avril). Cette tendance à la hausse du chômage s’observe au pays depuis son creux en juillet 2022 où le taux de chômage était de 4.8%. Au Québec, le taux de chômage est plus faible que pour l’ensemble du Canada avec 6.2% alors qu’en Ontario le taux est de 7.5%. L’incertitude quant aux négociations commerciales avec les États-Unis pèse lourd sur l’économie canadienne et un dénouement positif à ce sujet au cours de l’été apaiserait certainement les pressions baissières auxquelles l’économie Canadienne fait face actuellement.
Le Fond Monétaire International rabaisse ses prévisions pour la croissance mondiale
La guerre en Iran ainsi que la hausse du prix de l’énergie et l’inflation qui en découlent amènent le FMI è revoir à la baisse ses prévisions de croissance économique mondiale pour 2026, la ramenant à 2.5%, cette prévision ayant été fixée à 3.1% à peine quelques semaines auparavant. Du même coup, les prévisions d’inflation du FMI ont également été montées de 1%, passant à 5.4% mondialement. Cette hausse d’inflation s’observe déjà avec un taux d’inflation de 3.8% à la fin mai aux États-Unis en hausse de 0.5% par rapport à la lecture précédente. Au Canada, l’inflation est à 2.8%, en hausse de 0.4%. Cette rapide poussée inflationniste touche pratiquement tous les pays. En Europe, des hausses d’inflation du même ordre sont observées : pour la France (2.8%), l’Italie (3,3%), l’Espagne (3,6%) … seule l’Allemagne ((2.7%) a vu une baisse de son inflation, le pays ayant coupé ses taxes sur l’essence. L’Administration américaine tente d’être rassurante à ce sujet, disant que la guerre en Iran est un choc à court terme et qu’une entente est sur le point d’être conclue. Les prévisions économiques supposent plusieurs hypothèses incertaines et imbriques une bonne dose d’incertitudes. Les anticipations pourraient effectivement pivoter très rapidement advenant une entente sérieuse mettant fin au conflit Iran-États-Unis et débloquant le Détroit d’Ormuz. Mais pour le moment, force est d’admettre que les effets de ce choc pétrolier sur l’inflation et l’économie sont bien réels.
Des marchés financiers qui anticipent un dénouement rapide
Les marchés financiers sont quant à eux très optimistes envers un scénario de sortie de crise rapide au Moyen Orient et l’on observe encore ce mois-ci des performances excellentes sur les marchés : +5.2% pour le SP500, + 2.4% pour la bourse de Toronto, +2.4 % en Europe et un très fort + 7.2% pour les pays émergents. Les taux d’intérêts également, qui montaient depuis la fin février, ont amorcé une baisse au courant des deux dernières semaines de mai, le taux 10 ans sur les Bons du Trésors américains reculant d’environ 20 points de bases (1/5 de 1%). Les taux demeurent élevés mais la tendance est encourageante, bien qu’incertaine. Pour plusieurs analystes, un taux 10 ans qui s’approcherait des 5% serait risqué pour un marché boursier aux valorisations actuelles.
Un cocktail d’endettement, d’inflation et de populisme qui menace le marché obligataire
Dans une analyse très intéressante publiée dans l’édition du 21 mai du Wall Street Journal, Greg Ip, commentateur en chef en matière économique du Journal, explique comment les forces politiques en présence depuis 2020 de même qu’une série d’événements macroéconomiques ont changé le paysage du marché obligataire et de l’évolution des taux d’intérêts depuis 2020. Son analyse repose sur trois éléments qui, mis ensemble à divers degrés, cause un environnement propice à des taux d’intérêts élevés : L’endettement, le populisme et l’inflation. L’endettement des Gouvernements, et particulièrement du Gouvernement fédéral américain, est hors de contrôle depuis plusieurs années. Couplé à cette hausse de l’endettement et la provoquant jusqu’à un certain point, la montée du populisme de droite et de gauche dans les pays développés rend caduc tout effort crédible de réductions des dépenses afin de contrer ces déficits monstres. Entremêlé de ce populisme, les événements des dernières années, à commencer par la Pandémie, suivie des guerres commerciales et des tarifs, ainsi que les conflits en Ukraine et en Iran, n’ont fait qu’accentuer le problème via de fortes pressions inflationnistes et des réponses demandant encore plus d’endettement des gouvernements. Telle un effet boule de neige, ces trois forces en présence forme un cocktail néfaste, créant pressions inflationnistes et hausses de taux. Le commentateur constate les sommets de taux d’intérêts atteint récemment et pose la question à savoir si une telle suite de chocs géopolitiques et économiques n’en viendra pas qu’à augmenter les anticipations d’inflation dans le futur, le public étant constamment exposé à des chocs d’inflation successifs. L’inflation et les déficits actuels rendront des baisses de taux de la FED quasiment impossibles, et des hausses de taux nourrirons encore d’avantage les déficits des gouvernements de par des coûts d’emprunt plus élevés, ce qui fait dire à M. Ip qu’un climat propice à des taux d’intérêts élevés risque d’être encore présent dans les prochaines années et que ce n’est pas demain la veille qu’on reverra des bas taux comme avant.
La plus grande Introduction en bouse se prépare avec SpaceX
La fébrilité sur les marchés promet d’être moussée en juin avec l’introduction en bourse de SpaceX, la compagnie d’Elon Musk fondée en 2002 et active dans les secteurs des satellites de communications Starlink (11.4 Milliards US de revenus en 2025), les fusées spatiales et lancements (4.1 Milliards) et l’IA (3.2 Milliards). L’entreprise fait environ pour 1 milliard de pertes mensuellement mais promet croissance des revenus et profits futurs. Par cette introduction en bourse, l’entreprise vise lever 75 milliards en capital sur une valorisation totale de la firme visée d’environ 1.75 trillions (1 750 milliards). Elon Musk conserverait environ 85% des droits de votes, grâce à une classe d’actions procurant davantage de votes. Les projets de SpaceX, que ce soit la mise en service de 100 terawatts de puissance de calculs dans l’espace (1000 X la capacité totale existant actuellement sur Terre) ou de coloniser la planète Mars avec au moins un million d’êtres humains ne manquent certainement pas d’ambition. Il sera intéressant de voir la réaction du prix du titre en bourse lorsque celui-ci sera transigé quelque part au cours du mois de juin.
En conclusion
Nous demeurons à l’affût des développements mondiaux tout en demeurant disciplinée sur notre stratégie à long-terme, meilleur garant de rendements intéressants.
N’hésitez-pas à nous contacter afin de discuter de votre portefeuille ou si vous avez quelque question que ce soit concernant la conjoncture de marché, il est toujours intéressant pour nous d’avoir votre perspective.
Bien à vous,
Équipe Pierre-Luc Soucy