Notre lecture des marchés

Présentée par l'Équipe Pierre-Luc Soucy, à partir d'une analyse du service-conseils en gestion de portefeuille de RBC Gestion de patrimoine.

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Équipe Pierre-Luc Soucy

Gestionnaire de portefeuille et conseiller en patrimoine principal

July 30, 2026

Nous vous présentons la plus récente analyse du Service-conseils en gestion de portefeuille de RBC Gestion de patrimoine. Cette édition examine la façon dont les marchés composent avec l’incertitude persistante entourant les politiques américaines et les tensions géopolitiques. Elle revient également sur les premiers résultats du deuxième trimestre, qui témoignent d’une croissance des bénéfices plus généralisée entre les secteurs et les régions.

Une volatilité alimentée par les décisions politiques

L’imprévisibilité des politiques demeure une caractéristique distinctive de l’administration américaine actuelle. Une tendance constante a néanmoins émergé dans les politiques commerciales et géopolitiques : l’adoption initiale de postures musclées, suivie d’une désescalade en réponse aux réactions négatives des marchés.

En 2025, les menaces de droits de douane généralisés avaient provoqué une forte volatilité sur les marchés avant d’être partiellement levées. Une situation semblable semble maintenant se dessiner au Moyen-Orient.

La reprise des affrontements militaires a fait grimper considérablement les prix du pétrole et les taux obligataires. Les trêves intermittentes ont toutefois ravivé l’espoir d’une relance des efforts diplomatiques. Parallèlement, de nouvelles propositions tarifaires ont fait surface aux États-Unis.

Le risque d’une désensibilisation des investisseurs

L’un des risques associés à cette approche récurrente d’« escalade-désescalade » est que les investisseurs finissent par compter sur un éventuel renversement des politiques annoncées.

S’ils commencent à faire fi des annonces initiales, les réactions des marchés pourraient s’atténuer. Cela réduirait du même coup les pressions exercées sur l’administration américaine pour qu’elle change de cap.

Malgré cette possibilité, une désescalade au Moyen-Orient demeure le résultat considéré comme le plus probable, même si la trajectoire risque de ne pas être sans heurts.

Une économie mondiale toujours résiliente

Ces chocs récurrents mettront à l’épreuve la résilience de l’économie. Les données fondamentales sous-jacentes demeurent toutefois raisonnablement optimistes.

Les données récentes continuent d’indiquer une croissance mondiale d’environ 3 %, soit un rythme légèrement inférieur à celui de l’an dernier. Il s’agit néanmoins d’un contexte économique suffisamment sain pour soutenir la croissance des bénéfices des sociétés.

Des bénéfices supérieurs aux attentes

La période de publication des résultats bat son plein aux États-Unis. Plus de la moitié des sociétés de l’indice S&P 500 ont fait état de leurs bénéfices du deuxième trimestre cette semaine.

Jusqu’à présent, les sociétés américaines ont largement dépassé les attentes. Si le taux de croissance actuel des bénéfices de l’indice se maintient, il s’agirait d’un septième trimestre consécutif de croissance à deux chiffres et d’un deuxième trimestre affichant une progression supérieure à 20 %.

La vigueur ne se limite pas aux États-Unis. La croissance des bénéfices à l’échelle mondiale et au Canada se situe près de la limite supérieure des fourchettes observées depuis la pandémie.

Les investisseurs deviennent plus sélectifs envers l’IA

Dans l’édition précédente, le Service-conseils soulignait qu’un optimisme élevé à l’égard des bénéfices augmentait la probabilité que des résultats pourtant conformes ou supérieurs aux attentes déçoivent les marchés, particulièrement du côté des sociétés liées à l’intelligence artificielle.

Cette dynamique s’est effectivement manifestée jusqu’à présent.

La demande pour les infrastructures d’IA demeure forte et les résultats récents continuent de démontrer que les dépenses peuvent se traduire par des rendements tangibles.

Les réactions des marchés indiquent toutefois que les investisseurs deviennent de plus en plus sélectifs. Ils semblent disposés à récompenser les sociétés dont les investissements dans l’IA produisent des rendements visibles, tout en surveillant étroitement celles dont les dépenses en immobilisations continuent de dépasser la rentabilité à court terme.

Les meneurs du marché se diversifient

Les sociétés liées à l’IA continuent de contribuer considérablement à la croissance des bénéfices, et le secteur des technologies demeure l’un des plus performants aux États-Unis cette année.

Plus récemment, toutefois, sa position dominante a été reléguée au second plan. Au cours des deux derniers mois, les secteurs des soins de santé et de la finance ont mené le marché. Au total, huit des onze secteurs de l’indice S&P 500 ont progressé.

Fait encourageant, les indices internationaux des marchés développés demeurent près de leurs sommets récents malgré ce changement parmi les secteurs meneurs.

Une participation plus large entre les régions

Un élargissement géographique des rendements a également été observé.

Même après avoir reculé par rapport aux sommets records atteints en juin, les actions des marchés émergents demeurent la région la plus performante. Elles affichaient un rendement d’environ 15 % depuis le début de l’année au moment de la publication de cette analyse.

Les marchés développés internationaux avaient enregistré un rendement d’environ 14 %, suivis du Canada, à environ 13 %, tandis que les actions américaines avaient progressé d’environ 12 %.

Une participation plus large entre les secteurs et les régions offre une base plus équilibrée pour les rendements boursiers qu’un marché alimenté par un groupe restreint de sociétés.

Points à retenir

Le Service-conseils demeure raisonnablement optimiste à l’égard des perspectives pour les actions et les autres actifs à risque.

L’expansion économique se poursuit et les tendances des bénéfices laissent entrevoir une vigueur plus généralisée entre les secteurs et les régions.

Plusieurs risques susceptibles de provoquer des épisodes de volatilité méritent néanmoins de demeurer sous surveillance, notamment les fluctuations des prix des produits de base, l’incertitude entourant l’inflation, les changements d’humeur à l’égard de l’intelligence artificielle et l’évolution des décisions politiques aux États-Unis.

Dans ce contexte, une approche équilibrée de la gestion de portefeuille, accordant la priorité à la diversification entre les secteurs, les régions et les catégories d’actif, permet de mieux se préparer à un large éventail de résultats.

Notre perspective

Les résultats récents montrent que la croissance des marchés repose progressivement sur un éventail plus large de sociétés, de secteurs et de régions. Cet élargissement est encourageant, puisqu’il réduit la dépendance envers un nombre limité de titres et contribue à créer une base plus équilibrée pour les rendements.

L’incertitude politique et géopolitique continuera néanmoins de provoquer des fluctuations à court terme. Dans cet environnement, nous croyons qu’une stratégie disciplinée et bien diversifiée demeure essentielle afin de traverser les périodes de volatilité sans perdre de vue les objectifs à long terme.

Pour toute question sur les marchés ou sur le positionnement de votre portefeuille, nous vous invitons à communiquer avec un membre de notre équipe.